Tribune libre de Louis Aliot, publiée dans L'Opinion

Le député du Rassemblement national, candidat à la mairie de Perpignan, appelle à des «ententes locales» entre la droite et son parti pour les municipales de 2020

Les urnes ont livré leur verdict lors des élections européennes du 26 mai. À l’image de ce qui s’est produit en 2017, de grands partis historiques de notre pays ont connu de sévères désillusions. Au premier tour de la dernière présidentielle, le Parti socialiste sombrait, rejoignant des niveaux historiquement bas qui n’étaient pas sans rappeler ceux du Parti radical de gauche. Cette fois-ci, ce sont Les Républicains qui ont cédé, s’effondrant comme jamais auparavant sous la Ve République.

Ni le Rassemblement national ni La République en marche ne sont les causes de la défaite, pas plus que l’inexpérimentée tête de liste François-Xavier Bellamy. Le tort de la droite dite de gouvernement est de ne pas avoir su s’ouvrir autrement qu’en discours, de bomber le torse sans que les actes ne suivent pendant des décennies. Un jour ou l’autre, ils devaient payer. Désormais, deux alternatives s’offrent aux cadres, élus et militants de la droite. Faire le pari d’accepter la main tendue du Rassemblement national ou être définitivement arrimés à la vague macronienne, au risque de la submersion.

«Ce qui compte, c’est de gérer les collectivités locales dans l’intérêt des administrés, pas de maintenir des baronnies… Ce qui nous unit dépasse les simples intérêts catégoriels et les divisions sociologiques dans lesquelles on voudrait nous enfermer »

Je crois que nous pouvons nous entendre localement, que c’est le souhait des électeurs. Ce qui compte, c’est de gérer les collectivités locales dans l’intérêt des administrés, pas de maintenir des baronnies. Pour y parvenir, les élus et militants des Républicains et d’ailleurs ne doivent pas se transformer du tout au tout, ou s’aligner sur la totalité du programme du Rassemblement national. Je sais vos spécificités, votre histoire politique et vos fidélités. Et je les respecte.

Mais je crois aussi, surtout dirais-je, que ce que nous avons en commun prime sur ce qui nous sépare. Face à un pouvoir qui écrase toutes les oppositions et méprise tous les corps intermédiaires, nous avons le devoir de nous unir pour qu’il ne devienne pas hégémonique. Nous ne voulons pas des vassaux mais des alliés, des partenaires. En ce sens, l’histoire de France prouve que les alliances tactiques peuvent servir l’intérêt général.

Ce qui nous unit dépasse les simples intérêts catégoriels et les divisions sociologiques dans lesquelles on voudrait nous enfermer. Nous pensons tous qu’il est nécessaire de tout faire pour que l’Etat de droit soit respecté partout en France et que la sécurité des biens et des personnes soit enfin une réalité. Nous jugeons pareillement que la France appartient à une civilisation dont l’identité et le mode de vie doivent être le socle de notre République, de même que sa continuité historique.

« Il est temps de sortir des postures qui ont condamné la droite et tous les patriotes. C’est le piège de Mitterrand qui a permis au PS de se maintenir au pouvoir puis à Macron d’y accéder »

Dernier point essentiel, nous estimons impératif que les deux objectifs susmentionnés soient des priorités pour que la France retrouve sa prospérité économique et morale, fondée sur la liberté d’entreprendre, une fiscalité raisonnable et un Etat stratège qui ne soit pas un monolithe irréformable.

Les personnalités attachées à la défense de ce qui fait la France doivent se montrer responsables pour l’avenir de nos enfants. Nous avons d’ailleurs montré avec la gestion de nos mairies, que ce soit à Hénin-Beaumont, Béziers ou Fréjus, que nous étions en capacité de gérer rigoureusement et raisonnablement des exécutifs locaux. Il est temps de sortir des postures qui ont condamné la droite et tous les patriotes. C’est le piège de François Mitterrand qui a permis au Parti socialiste de se maintenir au pouvoir puis à Emmanuel Macron d’y accéder, faisant de lui un Président sans réel soutien d’une majorité de l’opinion publique.

L’urgence est là. À nos portes : le déclin culturel, économique et social de la France. Ni plus, ni moins. Quant aux collectivités locales, elles sont menacées de la même manière par un pouvoir qui entend faire d’elles ses obligées. Gilles Boyer l’a dit lui-même, affirmant que les maires qui seraient élus sans le soutien de La République en marche seraient des «ennemis» du Président en 2022. Un vocabulaire belliqueux qui devrait nourrir les réflexions des élus comme de leurs électeurs, notamment celle de Christian Estrosi qui veut ouvertement s’allier à La République en marche. Drôle de parcours que celui de l’édile niçois, passé d’une droite musclée (du moins sur les estrades et les plateaux de télévision) au centre gauche, à l’image de Guillaume Peltier qui, lui, fut un temps membre du Front national.

«À Perpignan, comme dans les Pyrénées-Orientales et en Occitanie, j’espère lancer un mouvement capable de changer les règles du jeu et de redonner le pouvoir aux citoyens de tous les horizons»

Il nous appartient de réconcilier les Français avec leur classe politique. Nombre de nos compatriotes ont renoncé à voter, à s’engager. Ils ne croient plus en rien parce que le système électoral est une machine à broyer. Ils sont en situation d’impuissance acquise, persuadés que jamais rien ne pourra changer, que leurs voix ne seront pas entendues. C’est notre devoir de leur prouver le contraire, d’entendre ce qu’ils ont à nous dire et de leur montrer qu’ils peuvent être représentés par des élus soucieux de ce qu’ils sont.

À Perpignan, comme dans les Pyrénées-Orientales et en Occitanie de manière générale, j’espère lancer un mouvement capable de changer les règles du jeu et de redonner le pouvoir aux citoyens de tous les horizons. J’appelle donc les hommes et les femmes de bonne volonté au rassemblement le plus large pour imaginer la ville de demain dans une France que nous voulons : libre, prospère et sûre.

Louis Aliot est député RN de la 2e circonscription des Pyrénées-Orientales, candidat à la mairie de Perpignan.

Louis Aliot

Louis Aliot

Député de la 2e circonscription des Pyrénées-Orientales.
Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées.

Docteur en droit, Louis Aliot est également conseiller municipal et d’Agglomération de Perpignan. Au service de ses concitoyens, il a particulièrement à cœur la défense de la ruralité et porte également la cause des Harkis.
Au sein du Palais-Bourbon il relaie la voix de nos territoires si durement traités par les politiques depuis 40 ans.

Voir tous les articles

VOS DÉPUTÉS

  
  
 

  

 

Suivez le Rassemblement National

les grands sujets